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Léonie, 23 ans, hébergeuse solidaire

Héberger un jeune peut être comparé à héberger un proche de la famille. Il faut l’accueillir avec bienveillance et pouvoir mettre à sa disposition une chambre privée (obligatoire), veiller à ce qu’il s’alimente correctement, à ce qu’il soit en bonne santé, et l’accompagner s’il le souhaite dans certaines de ses démarches. 

Il est tout à fait légal d’héberger un jeune qui a entamé un recours de reconnaissance de minorité auprès du juge pour enfants jusqu’au terme de la décision de justice.

Léonie a 23 ans et héberge chez elle deux mineurs depuis plusieurs mois : « Il m’était trop difficile de savoir que ces personnes allaient passer la nuit dehors dans ces conditions, puis de rentrer chez moi, comme si de rien n’était. » Travaillant en alternance, Léonie a établi quelques règles de vie pour que la cohabitation se passe bien : « Les jeunes doivent sortir au minimum une fois par jour pour s’aérer. Ils rangent systématiquement l’appartement et je n’ai pas eu besoin d’imposer cette règle, ni de rendre les tâches domestiques obligatoires. Ils le font naturellement. Parfois, certains petits rappels sont nécessaires comme celui d’étendre les serviettes mouillées mais finalement, tout se passe bien ! »

 

© Antoine Kremer/MSF
© Antoine Kremer/MSF

Selon elle, l’hébergement est basé sur la confiance mutuelle : « Personne ne leur a fait confiance depuis un certain temps. Ces jeunes savent apprécier et prendre en considération ce que l’on peut leur offrir. Avec les mineurs, cet engagement permet un enrichissement mutuel, un rapport gagnant/gagnant. Je suis contente de les retrouver le soir, après des journées de travail qui peuvent être difficiles. »

Marlène et sa famille , hébergeurs solidaires

« En breton on dit pepiniera ilod, ça veut dire "chacun fait sa part", et nous notre part c’était ça », explique Marlène, hébergeuse solidaire dans le Morbihan. Depuis deux mois, elle accueille dans sa famille Mahamadou, jeune garçon de 17 ans, originaire du Mali. 

© MSF septembre 2019

Comment ça marche ?

Dans son centre d’accueil et d’orientation à Pantin, MSF fournit des soins médicaux et un soutien administratif et social à des jeunes se déclarant mineurs non accompagnés. Ils peuvent notamment y instruire leur dossier permettant de saisir le juge des enfants pour faire un recours de reconnaissance de minorité. Une fois la procédure lancée, ce sont ces jeunes qui sont mis à l’abri en hébergement solidaire à travers le programme “Accueillons” de MSF et Utopia 56.

© MSF novembre 2017

Une journée au centre de Pantin pour mineurs non accompagnés

Un coordinateurs d’Utopia 56, responsables du lien avec les hébergeurs dans le cadre du programme « Accueillons », prend contact avec vous pour vous présenter le programme et répondre à vos questions. Une convention tripartite est signée entre l’hébergeur, « Accueillons » (Utopia 56) et le jeune hébergé, dans laquelle les engagements de chacun sont indiqués. Le coordinateur s’assure qu’ils soient bien compris et respectés par toutes les parties lors de la première visite de validation du projet d’hébergement.

Le citoyen hébergeur s’engage à fournir au mineur la restauration et l’hébergement destinés à assurer des conditions de vie dignes et décentes à ce dernier, sans aucune contrepartie directe ou indirecte, quelle qu’elle soit.

Le programme  « Accueillons » de MSF et Utopia 56 recherche des hébergeurs solidaires dans toute la France.

Sauf cas particuliers, l’hébergement sera de minimum un mois. En moyenne, chaque mineur sera accueilli par deux ou trois hébergeurs pendant la durée de son recours.

Le temps d’hébergement est temporaire, jusqu’à la décision du juge pour enfants. Dans le cas où la décision soit positive, le jeune sortira du programme d’hébergement solidaire  « Accueillons » pour être placé sous la responsabilité de l’Aide sociale à l’enfance. Dans le cas où le recours du jeune est rejeté et qu’il est reconnu adulte, il sera alors orienté vers les structures pour adulte.
 

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